Lutte contre la fraude : le partage d'informations s'intensifie entre administrations
La lutte contre les fraudes sociales et fiscales repose en grande partie sur la capacité des administrations à croiser les informations dont elles disposent. Dans cette logique, la loi relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales renforce les échanges de données entre les administrations. Explications…
Des échanges de données élargis pour renforcer les contrôles
Pour dĂ©tecter les fraudes, les administrations et organismes chargĂ©s d’une mission de contrĂ´le disposent dĂ©jĂ de nombreux droits de communication et d’accès Ă certaines informations dĂ©tenues par d’autres services.
La loi relative Ă la lutte contre les fraudes sociales et fiscales poursuit cette logique en Ă©largissant les situations dans lesquelles ces Ă©changes sont possibles et en ouvrant l’accès Ă de nouvelles donnĂ©es.
Ainsi, les agents de l’administration fiscale et des douanes chargĂ©s d’un contrĂ´le pourront dĂ©sormais, sous rĂ©serve de l’autorisation du procureur de la RĂ©publique ou du juge d’instruction, utiliser les informations et documents recueillis dans le cadre d’une enquĂŞte judiciaire lorsqu’ils sont utiles Ă leurs missions de contrĂ´le.
La loi facilite Ă©galement la lutte contre les fraudes aux prestations sociales. Les organismes chargĂ©s d’instruire ou de verser une prestation sociale ou un avantage pourront dĂ©sormais vĂ©rifier, auprès de l’administration fiscale, que le relevĂ© d’identitĂ© bancaire communiquĂ© correspond bien Ă un compte ouvert au nom du bĂ©nĂ©ficiaire.
Cette vĂ©rification s’effectuera automatiquement grâce Ă une consultation sĂ©curisĂ©e du fichier des comptes bancaires, qui se limitera Ă une rĂ©ponse positive ou nĂ©gative, sans transmission des coordonnĂ©es bancaires.
Les moyens de contrĂ´le des organismes sociaux sont Ă©galement renforcĂ©s. Les organismes de SĂ©curitĂ© sociale, les caisses de mutualitĂ© sociale agricole, France Travail, certains services sociaux, ainsi que les dĂ©partements bĂ©nĂ©ficieront d’un accès direct Ă de nouvelles informations fiscales et patrimoniales afin de contrĂ´ler les dĂ©clarations des allocataires, notamment dans le cadre de la lutte contre la fraude au revenu de solidaritĂ© active (RSA).
Les départements pourront également accéder à certaines données afin de faciliter la récupération des aides sociales sur les successions lorsque la réglementation le prévoit.
Dans le mĂŞme esprit, les services consulaires chargĂ©s d’instruire les demandes d’aides sociales ou de bourses scolaires destinĂ©es aux Français Ă©tablis hors de France disposeront eux aussi d’un accès direct Ă certaines informations fiscales nĂ©cessaires Ă l’exercice de leurs missions.
La loi renforce Ă©galement les contrĂ´les portant sur les organismes sans but lucratif. Les services du ministère de l’IntĂ©rieur chargĂ©s de vĂ©rifier le respect de leurs obligations de transparence financière pourront dĂ©sormais consulter directement plusieurs donnĂ©es fiscales et patrimoniales afin de mener leurs vĂ©rifications.
Enfin, les Ă©changes d’informations sont Ă©galement Ă©tendus au profit d’autres acteurs. L’administration fiscale transmettra aux organismes d’assurance, de prĂ©voyance et de retraite les informations nĂ©cessaires au calcul des contributions sociales dues sur les revenus de remplacement qu’ils versent.
De son cĂ´tĂ©, l’AutoritĂ© des marchĂ©s financiers communiquera Ă l’administration fiscale les informations utiles au contrĂ´le des obligations dĂ©claratives applicables aux actifs numĂ©riques.
Ă€ travers l’ensemble de ces mesures, le but poursuivi est de favoriser une meilleure circulation de l’information entre les administrations afin de dĂ©tecter plus rapidement les fraudes, de sĂ©curiser l’attribution des aides publiques et d’amĂ©liorer l’efficacitĂ© des contrĂ´les.
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